Traitement des douleurs du genou par radiofréquence

Quel est le principe de la radiofréquence ?

Il s’agit d’une technique utilisée en radiologie interventionnelle qui a plusieurs applications mais dont
le but ici, est de soulager les douleurs du genou.
La douleur est une information sensorielle transmise au cerveau par l’intermédiaire d’un nerf.
Schématiquement on peut comparer un nerf à une câble électrique avec les fils à l’intérieur et la
gaine du câble à l’extérieur. La radiofréquence va endommager la gaine du câble, ce qui va empêcher
le signal douloureux de remonter au cerveau.
Au genou, plusieurs nerfs, appelés nerfs géniculés ont été identifiés dans la participation de cette
symptomatologie douloureuse.

homme qui se tient le genou

Quelles sont les indications de la radiofréquence antalgique ?

Cette technique est indiquée dans 2 situations principales :
– Les douleurs du genou secondaire à une arthrose et qui résistent au traitement
médicamenteux, à la kinésithérapie et aux infiltrations (Corticoïdes, acide hyaluronique et
PRP). La radiofréquence est alors une option, d’autant plus si le patient est jeune et que l’on
veut gagner du temps avant une éventuelle chirurgie prothétique.

– Les douleurs du genou qui persistent après une prothèse totale de genou ; il est rapporté
dans la littérature scientifique un taux de 20% de prothèse totale de genou (PTG) qui restent
douloureuses sans causes retrouvée.

Est-ce que la radiofréquence traite l’arthrose ?

Non, la radiofréquence traite la douleur secondaire à l’arthrose mais la cause principale, l’arthrose
continue d’évoluer.
L’arthrose est un phénomène physiologique, c’est-à-dire normal à partir d’un certain âge en fonction
de plusieurs facteurs (obésité, vie professionnelle, génétique…) et toutes les arthroses ne sont pas
douloureuses.
La radiofréquence fait donc parti de l’arsenal thérapeutique pour la douleur liée à l’arthrose.
Concernant les patients porteurs d’une prothèse au genou, la douleur n’est pas toujours le seul
symptôme. Il peut y avoir de façon associée une raideur. La radiofréquence antalgique n’a pas d’effet
sur la raideur du genou. Néanmoins si les douleurs sont moins importantes suite à la radiofréquence,
il faut en profiter pour débuter un nouveau cycle de kinésithérapie pour lutter contre cette raideur et
renforcer la musculature.

 

Quels sont les examens à réaliser avant une radiofréquence ?

Il est préférable d’avoir eu une consultation préalable soit par votre médecin généraliste soit par un
spécialiste, ainsi qu’un bilan d’imagerie comprenant des radiographies ou une IRM.
Il y a ensuite l’étape du test infiltratif, qui consiste à injecter sous guidage une dose d’anesthésique
sur le trajet des nerfs afin de les « endormir » transitoirement, si la douleur dans les suites du test
infiltratif diminue de 50% alors le test est considéré comme positif et la radiofréquence peut être
proposée.

 

Comment se déroule une radiofréquence ?

La radiofréquence est un geste réalisé en ambulatoire, avec une durée de procédure estimée à
environ 30 minutes.
Le patient est installé sur le dos, le genou à traiter est en légère flexion. Des plaques autocollantes
sont mises en place sur la cuisse homolatérale pour la procédure.
On réalise ensuite une désinfection du genou avant de débuter l’intervention par une anesthésie
locale pour le confort du patient.
Les aiguilles de radiofréquences sont mises en place sous guidage, le nombre d’aiguille varie en
fonction des procédures et des cas de figures.
Une fois en place, nous réalisons un test moteur et sensitif préalable pour s’assurer que les aiguilles
soient correctement positionnées, notamment à distance des principaux nerfs moteurs.
Le chauffage au travers des aiguilles peut alors débuter et dure généralement 60 secondes par
aiguilles.

Les aiguilles sont ensuite retirées et des pansements cutanés simples sont mis en place avant retour
dans le service d’ambulatoire ou le patient est gardé généralement 2 heures avant retour à domicile.
Ce retour à domicile doit être accompagné. Un bon de transport peut être effectué chez les
personnes isolées.

scopie genou

Quelles sont les suites, suis-je soulagée immédiatement ?

Les suites immédiates sont marquées par une douleur passagère sur le trajet des aiguilles pendant
24-48 heures.
La reprise des activités doit être progressive à partir de 48 heures et sur la semaine qui suit : ne pas
prévoir d’effort physique inhabituel sur les 7 premiers jours.
Le soulagement de la douleur survient généralement dans les 6 semaines suivant la procédure, il faut
donc attendre ce délai pour juger de l’efficacité.
Pour rappel l’objectif est une diminution de 50% des symptômes douloureux, ce qui reste subjectif, la
disparition complète peut dans certains cas survenir mais n’est pas la règle.

 

Est-ce un traitement définitif ?

Il y a un risque de récidive, car la procédure endommage la gaine de myéline du nerf sans détruire
totalement le nerf. Cette gaine va se régénérer et la douleur peut alors récidiver, néanmoins, cela
survient au bout de plusieurs mois voire année.
Si le soulagement a été significatif sur une période longue, le geste peut alors être répété.

 

Quelles sont les complications éventuelles ?

Les risques liés à cette procédure sont très faibles mais existent comme toutes interventions.
Risques communs à toutes les procédures :
– Risque hémorragique : hématome sur le trajet, néanmoins le calibre des aiguilles utilisés est
faible, minimisant ce risque. Il faudra en revanche bien notifier lors de la consultation la prise
de traitement anti-agrégant ou anti-coagulant.
– Risque infectieux : risque également faible car pas d’ouverture cutanée et procédure réalisé
dans un bloc de radiologie interventionnelle avec des conditions d’asepsie.
– Risques liés à l’anesthésie : allergie aux produits utilisés lors de l’anesthésie ou
décompensation de pathologie sous-jacente (cardiovasculaire, respiratoire etc…)
Risques spécifiques à la radiofréquence antalgique :
– Fourmillement dans les jambes : liées à l’irritations des nerfs secondaires à la procédure. Le
plus souvent régressifs spontanément en quelques jours.
– Déficit moteur dans la jambe : complication grave théorique liée à un mauvais
positionnement de l’aiguille, cette complication exceptionnelle est prévenue par le test
moteur réalisée une fois l’aiguille en place et avant de débuter le chauffage ainsi que par des
moyens d’imagerie précis permettant le contrôle du positionnement de l’aiguille.

 

Y a-t-il des contre-indications ?

Les contre-indications principales de ces procédures sont liées à la présence des dispositifs suivants :
– Pacemaker
– Défibrillateur
– Boitier de neurostimulation
La grossesse est bien sur une contre-indication du fait de l’utilisation des rayons X.

Quelles sont les alternatives ?

En cas de gonarthrose, le traitement par radiofréquence est un traitement de troisième intention. Il
est généralement indiqué après le traitement de 1ere intention qui consiste en une prise en charge
médicamenteuse avec kinésithérapie et après les traitements de 2 nd intention, à savoir les
infiltrations. Le traitement de dernière intention pour la gonarthrose étant la prothèse.
En cas de douleur sur prothèse, l’important est de trouver la cause des douleurs, il peut s’agir de
descellement septique ou aseptique, de pathologie tendineuse, de fibrose etc… il faut donc avoir

réalisé un bilan complet et ce n’est quand l’absence de cause identifié que l’on s’oriente vers la
radiofréquence antalgique.

Synonymes : thermocoagulation des nerfs géniculés, dénervation par radiofréquence